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Hommage du maire et des élus pantinois

Hommage du maire et des élus pantinois

Mercredi 25 novembre, le maire de Pantin, Bertrand Kern, a invité tous les Pantinois à rendre hommage aux victimes des attentats du 13 novembre en participant à un temps de commémoration à l'école Sadi-Carnot. Ce moment solennel a rassemblé élus, membres de la société civile et de nombreux habitants de la ville.

Hommage de Bertrand Kern

Mesdames, Messieurs,

Je vous remercie d'être venus ici ce soir pour cet hommage solennel.

Je remercie les élus pantinois qui témoignent de l'union de la représentation municipale à condamner l'innommable. Je ne reviendrai pas sur les propos qui ont été tenus et qui les honorent tous. Je souhaite souligner qu'au-delà des rivalités qui sont le sel de la démocratie, nous savons être unis dans l'adversité, c'est ce qui fait la gloire de la République.

Je remercie aussi les différents ministres du culte, les représentants des différentes associations cultuelles dans toute leur diversité qui sont ici présents ce soir pour honorer les morts, tous les morts, les victimes, toutes les victimes, quelles que soient les confessions, quelles que soient les croyances. Ne nous méprenons pas, c'est bien la laïcité, en laissant à chacun le droit de croire ou de ne pas croire, qui permet cette vie commune, quotidienne, vouée au dialogue. Sans ce dialogue permanent, il ne peut y avoir de société.

Mais surtout, je tiens à vous remercier vous ! Vos présences ici ce soir sont le signe du refus absolu de cette intolérance meurtrière.

Dans le contexte que nous connaissons lié à l'interdiction de manifestations sur la voie publique, j'ai voulu que les Pantinoises et les Pantinois puissent rendre un hommage solennel aux victimes des attentats terroristes du 13 novembre. J'ai souhaité que l'hommage ait lieu ici dans ce lieu à la fois symbolique et bien réel.

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Nous sommes ici dans le préau de l'école publique élémentaire Sadi Carnot. Il y a quelques décennies, c'était le lycée de Pantin qui était dans ces murs. Un peu plus haut dans les étages, c'est le siège de l'inspection de l'éducation nationale. Dans les salles environnantes, la musique, la danse et le théâtre y sont enseignés dans le conservatoire à rayonnement départemental. Ce sont d'ailleurs des professeurs qui ont interprété Haëndel lors de cet hommage et des élèves sont présents pour nous accompagner dans cette cérémonie, je tiens eux aussi à les remercier.
Ici, chaque jour, nos enfants viennent acquérir un savoir. Ils viennent apprendre à lire, écrire, à compter. Dans ces murs, nos enfants apprennent à vivre avec les autres, tous les autres. Ici, ils viennent ouvrir leur esprit. Ici, se fonde le pacte républicain. Dans ces murs, au sens large, nous apprenons que l'Autre est vital, que nous ne sommes rien sans l'Autre. C'est dans cette altérité que nous créons notre singularité. C'est ici que commence le cheminement d'un individu dans une société parce qu'il est accompagné, guidé, instruit, éduqué. C'est parce qu'il avait bien compris cela que l'un des pères fondateurs de la République Française, Danton avait écrit que « Après le pain, l'éducation est le premier besoin du peuple » : elle permet de s'élever vers une plus haute réflexion, elle permet de propager l'humanisme. L'école est notre premier rempart, le contrefort puissant de la République. Il est donc naturel que nous nous réunissions ici.

J'avais, lors de l'hommage rendu en Mairie le 16 novembre, donné les prénoms des victimes assassinées dont nous avions connaissance alors, je ne renouvellerai pas ce terrible inventaire car depuis, la liste s'est allongée que cela soit à Paris, à Bamako vendredi dernier, ou à Tunis hier. Les victimes sont choisies parce qu'elles vivent dans des démocraties, parfois de jeunes démocraties, et des républiques.

Lors de l'hommage du 16 novembre, j'ai notamment dit que nous n'oublierons pas, et la France se souviendra de ces jours funestes des 7 et 8 janvier et du 13 novembre 2015. Nous prendrons des initiatives pour entretenir la mémoire de celles et ceux qui ont été sacrifiés sur l'autel de la folie barbare.

J'ai aussi dit que nous ne pardonnerons pas. Car il n'y a rien à pardonner. Il n'est pas un seul aspect qui puisse être pardonnable dans ces horreurs.
Les femmes et les hommes qui sont morts ce soir là, celles et ceux qui sont encore entre la vie et la mort, celles et ceux qui resteront meurtris dans leur chair jusqu'à la fin de leur vie, qu'avaient ils à se reprocher ?
Qui sont ils pour nous dire que parce que nous buvons, parce que nous écoutons de la musique, parce que nous vivons, au nom de cela, nous devrions mourir ?
Qui sont-ils pour nous nier ?
Qui sont ils pour prétendre représenter qui que ce soit ?
Je ne souhaite pas entrer dans une quelconque analyse des textes religieux, d'abord parce que je ne suis pas théologien, ensuite parce que ma conviction est qu'il n'y a pas besoin de l'être pour savoir qu'il est toujours aisé de faire dire bien des choses à des textes religieux, c'est le point fort des paraboles et de leurs interprétations. Néanmoins, lorsque des porte-paroles autoproclamés appellent à l'intolérance et au meurtre sur la base d'un texte qui explique qu'il ne faut pas tuer, il est permis de penser qu'ils trompent leur auditoire.
J'ai l'honneur d'être Maire d'une ville de 54 000 habitants. Au nom de notre ville, nous disons : pas d'amalgame ! Pantin, la Seine-Saint-Denis, la France permet à tout le monde de vivre selon son absence de croyance ou sa foi, et la République laïque ne somme personne de déclarer ce en quoi il croit ou il ne croit pas.

Les auteurs des attentats prétendent agir au nom d'une cause liée à la religion ... Ce que je vois c'est que les ministres des cultes sont ici, qu'ils condamnent avec fermeté, sans ambiguïté, sans aucun doute, sans délai, comme ils l'ont fait en janvier, les actes de ces criminels.
Je ramène ces assassins à ce qu'ils sont : des criminels agissant en bande qui en veulent à celles et ceux qui permettent la liberté, à celles et ceux qui, vivant libres, ont pour seule ambition de se divertir un vendredi soir. Ils sont donc impardonnables !
Et ils le sont d'autant plus que j'entends et je lis ici où là que la France paierait le prix de ses arrogances, de ses échecs, … Certes, nous vivons dans un monde complexe avec des causalités diffuses. Certes, notre système n'est pas parfait … il a tout de même le mérite de permettre à chacun de vivre librement, de penser librement, de s'exprimer librement, d'aimer librement.
Je pense à toutes les victimes de ces assassins qui vivaient pleinement ces libertés. Parmi elles, Asta, à qui un hommage - auquel j'étais présent - a été rendu vendredi à Pantin. Elle est morte en allant faire ses courses en voiture. Son neveu de un an ne doit son salut que parce qu'elle l'a protégé de son corps. En quoi était elle coupable de quoi que ce soit ? Les morts et les blessés des terrasses et du Bataclan, les spectateurs du stade de France, qu'avaient ils fait mis à part vivre ? Il faut bien qu'ils soient les derniers des lâches pour prendre ces gens désarmés pour cibles.

Aujourd'hui, nous pouvons craindre d'autres actes de barbarie. Nous devons évidemment nous soucier de notre sécurité. Et tout doit être fait pour prendre toutes les mesures nécessaires.
Devons nous craindre pour nos valeurs ? Pouvons nous hésiter sur les nécessités absolues de liberté, d'égalité, de fraternité, de laïcité, de démocratie ? Non, au contraire, il s'agit de les affirmer et de les renforcer ! Car à chacun de nos reculs, nous permettrons des avancées de nos adversaires. Nous n'avons pas à transiger sur ce qui fonde la République, nous avons à lutter afin que les valeurs qui la fondent soient appliquées partout sur notre territoire.

Nous sommes nombreux à être attristés, désemparés, découragés, fatigués.
Nous sommes nombreux à être blessés, désespérés, révoltés, humiliés.
Mais nous sommes encore plus nombreux à vouloir défendre notre République, sa liberté, son égalité, sa fraternité.

C'est parce que nous sommes debout et unis que nous aurons la force d'en finir avec ces criminels et leurs commanditaires !
C'est parce que nous restons debout que nous permettrons à ceux qui plient de se relever !
Vive la République !
Vive la France !

Mesdames, Messieurs, en hommage aux victimes de ces actes immondes à Paris, Saint-Denis, Bamako et Tunis, je vous demande une minute de silence.

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Hommage des élus de la municipalité

Monsieur le Maire,
Mesdames, Messieurs les élu-e-s,
Mesdames, Messieurs,
Chères Pantinoises, chers Pantinois,

En ce moment d’extrême gravité, au nom de l’unité républicaine, le texte que j’ai l’honneur de vous lire ce soir, est un texte rédigé et signé par l’ensemble des groupes politiques du conseil municipal pantinois, majorité et opposition confondues.

Voici leurs représentants :
Pour les Écologistes et Citoyens engagés, Nadia Azoug
Pour Les Républicains-UDI, Goeffrey Carvalhinho
Pour les Socialistes, Citoyens et Apparentés, Jean Chrétien
Pour le Front de Gauche, Jean-Pierre Henry
Pour Pantin Ecologie, Louise-Alice Ngosso et Didier Segal-Saurel
Pour le Parti Radical de Gauche, Pierre Pausiclès

La France a été frappée dans sa chair ce vendredi 13 novembre 2015, c'est un massacre de masse qui a eu lieu, de même nature que celui perpétré :

Aux États-Unis en 2001
En Espagne en 2004
Au Royaume-Uni en 2005
En Inde en 2008
A Istanbul en 2010
A Marrakech en 2011
Au Kenya en avril 2015
Et il y a moins d’un mois en Egypte, la destruction en vol de l’avion russe
Sans oublier les 200 jeunes filles étudiantes enlevées au Nigéria en avril 2014.
Cette liste est sans limite, ces derniers jours, ces mêmes terroristes multipliant les attentats aveugles, ont fait des dizaines de victimes à Beyrouth, Bamako et hier encore à Tunis.

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Nous voulons nous joindre ce soir, à la tristesse du peuple de France.

Nous portons le deuil de ces 130 femmes et hommes disparus dans la violence, nos pensées émues vont aux victimes innocentes et à leurs proches anéantis par la douleur.
Nous voulons aussi rendre hommage, à celles et ceux qui sont victimes de ces idéologies mortifères, sur tous les continents de notre planète.

Pendant cette nuit noire, beaucoup de Français ont eu un comportement remarquable de solidarité, de fraternité, comment ne pas remercier et dire notre respect pour les forces de l’ordre, les pompiers, les médecins et infirmiers, les agents du service public et à tous ces anonymes solidaires et courageux qui ont porté secours ou protégé les victimes durant ces heures de violence.

Les terroristes, démontrant l'obscurantisme de la triste société qu'ils veulent imposer, ont ciblé les événements festifs et culturels inscrits dans notre quotidienneté : un match au stade de France, un concert au Bataclan ou tout simplement le plaisir de se retrouver entre amis à la terrasse d'un café.
Ainsi s'en sont ils pris à tous ceux qui sont épris de convivialité, de partage, de joie de vivre dans une société ouverte et libre.

C’est le peuple de France qui a été touché, dans toutes ses diversités, Français ou amoureux de notre France et de ses valeurs.

Rappelez-vous le communiqué de l'organisation terroriste : « Paris est la capitale des abominations et de la perversion ... »

C’est donc bien notre société démocratique qui est visée, c’est bien la République et sa devise Liberté, Égalité, Fraternité qu’ils veulent affaiblir.
C'est aussi le principe de laïcité, loi de concorde et de tolérance, condition du vivre ensemble qui est visé, notre vision républicaine qui refuse la segmentation des personnes en fonction de leur origine.

Les ressorts du terrorisme sont la diffusion de la peur par la terreur, ils voulaient d'abord nous faire trembler.
Nous dépasserons cette peur, car c’est au nom de la vie et de nos valeurs, de l’action fraternelle que nous résisterons et que nous vaincrons.

C'est pourquoi, face à ce drame comme face aux attentats de janvier dernier, il est indispensable de réaffirmer que nous sommes toutes et tous concernés.

Le grand danger qui nous menace, est de voir se scinder notre société, de voir s'opposer une partie de la population contre une autre et de pousser la société française à la violence et au repli.
Nous ne tomberons pas dans le piège de ceux qui veulent nous diviser en faisant des amalgames dangereux, en essaimant des discours de haine et le rejet de l’autre.

Voilà notre grande exigence, nous citoyens, nous représentants du peuple, nous devons nous engager à tout faire, à mettre toute notre énergie, pour que perdure le vivre ensemble.
Dans notre ville, si riche de sa diversité, nous devons refuser que ce terrorisme oppose les pantinois entre eux.

L'unité nationale est une nécessité, la solidarité et la fraternité une même urgence, pour défendre nos valeurs et combattre ceux qui à l’intérieur comme à l’extérieur, veulent nous opposer.

Pour défendre efficacement notre pays, pour donner les moyens d’agir avec efficacité à nos policiers et nos services du renseignement, notre président de la République à décrété l'état d'urgence.
Cette décision était nécessaire, pour renforcer notre sécurité, mais nous devons veiller que ces réponses se fassent dans le respect de nos valeurs républicaines et de nos libertés fondamentales.
Y renoncer serait donner raison aux terroristes

Il nous faut surtout, réagir unis et solidaires.

L'unité républicaine autour de valeurs communes oui, 3 fois oui, mais l’unité n’est pas l’unanimisme, nous sommes dans une démocratie, et au nom de cette démocratie, nous devons débattre, échanger, contester si il le faut.
Mais tout cela doit se faire d’abord dans le respect de l’autre et puis surtout dans l’intérêt premier de notre pays et de l'ensemble des citoyens résidant sur notre territoire.

Pour autant tout cela ne suffira pas, il faut également construire une réponse universaliste, celle du dialogue et de la fraternité, elle constitue une forme indispensable de résistance.

En ces moments difficiles, malgré les épreuves, nous devons reprendre un discours d’espoir, sur notre capacité à surmonter les épreuves, l’espoir en notre jeunesse, l’espoir en nos cultures et l’amour de nos valeurs républicaines.

Alors, pour triompher de cette barbarie, reprenons le récit de la République, de sa devise, pour encore plus de Liberté, plus d'Égalité, plus de Fraternité et plus de Laïcité.

Vive la République,
Vive la France.

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